Réduire la dépendance à l'eau dans les espaces verts

Le Syndicat Mixte du SAGE Blavet (SMSB) a co organisé avec le CNFPT une formation qui s’inscrit dans le cadre de la disposition du SAGE Blavet relative à la mise en œuvre, par les collectivités du bassin versant, d’une politique d’économie d’eau au niveau de leurs équipements et bâtiments publics : 21 agents travaillant pour le compte de 14 collectivités sont inscrits à cette journée dont l’objectif était double : renforcer la sensibilisation à la nécessité de préserver la ressource en eau et réduire plus particulièrement la consommation d’eau destinée à l’arrosage des massifs et jardinières.

Une situation hydrologique qui induit des tensions sur la ressource en eau

Chaque année, près de 30 millions de m3 d’eau sont prélevés sur le bassin versant du Blavet dont environ 80% dans le fleuve Blavet lui-même, le reste provenant de captages souterrains. Ces dernières années, les situations de tension vis-à-vis de la ressource en eau ont tendance à s’amplifier et montrent que cette ressource n’est pas inépuisable : des arrêtés préfectoraux de restriction des usages ou de prélèvements d’eau, appelés « arrêtés sécheresse », ont été pris en 2017 ; des déficits pluviométriques ont été observés cet été 2018. Au niveau national, au 25 septembre 2018, 60 départements étaient concernés par un arrêté limitant certains usages de l’eau et 5 dont les Côtes d’Armor étaient en vigilance.

La pression sur les milieux aquatiques va être accentuée par le changement climatique qui prévoit, en grandes tendances, une baisse de la pluviométrie, notamment au printemps et en été, qui va s’accompagner d’une augmentation des journées chaudes (> 25 °C). Cette baisse aura notamment pour conséquence une accentuation de la sécheresse des sols et une diminution des débits des cours d’eau dont le Blavet. Il faut donc s’attendre à des conflits d’usages potentiellement plus fréquents dans les années à venir dans un contexte de raréfaction de la ressource à certaines périodes de l’année. On peut très bien imaginer que des arrêtés sécheresse interdisant complètement l’arrosage des espaces verts des communes soient pris.

Anticiper pour réduire les besoins d’arrosage et éviter les tensions sur la ressource en eau

Des situations de tension risquent ainsi de devenir de plus en plus fréquentes au printemps et en été, dans le bassin versant du Blavet comme dans d’autres bassins en Bretagne et en France. Elles doivent donc inciter l’ensemble des acteurs et de la population à anticiper et adopter un comportement économe, voire un changement d’habitudes. Les collectivités se doivent de montrer l’exemple en examinant dans le détail leurs usages et les niveaux de consommations d’eau pour identifier les potentiels d’économie.

Au printemps et en été, en plus de la consommation d’eau interne des bâtiments publics, les collectivités ont recours à l’arrosage de leurs terrains de football et de leurs massifs et jardinières.  

L’arrosage des terrains de football constitue, dans certaines communes, le poste le plus consommateur d’eau. Pour les aider à trouver des solutions, le syndicat Mixte du SAGE Blavet  a organisé, le 17 avril dernier, une journée de formation qui a réuni 24 élus et techniciens en charge de l’arrosage des terrains de sports. Ils ont ainsi pu se rendre compte qu’un certain nombre de techniques et de pratiques agronomiques à mettre en œuvre sur plusieurs années peuvent permettre de limiter les besoins en eau du gazon et donc les consommations d’eau.

Des solutions à la disposition des communes pour réduire la dépendance à l'eau pour les massifs et jardinières

Pour ce qui concerne les massifs et jardinières, les pratiques d’arrosage sont très diversifiées et les niveaux de consommation pas toujours identifiés. Ce 20 décembre 2018, 21 agents de 14 collectivités locales ont échangé sur la base de leurs pratiques et ont bénéficié de conseils de Frédéric Lachiver, formateur au CPSA de Combourg, visant à les orienter vers des solutions préventives permettant de réduire, voire supprimer, les besoins d’arroser :

  • Au niveau de la conception des espaces verts : associer les agents qui seront ensuite en charge de l'entretien, dès la conception du projet ; inscrire la gestion durable (0 phyto et économie d'eau) dans le cahier des charges ; réaliser un plan de gestion différenciée (carte des espaces verts comportant des codes de 1 à 4 suivant l'exigence voulue) et imposer ce plan aux architectes; choisir des végétaux peu, voire pas, gourmands en eau, résistants aux conditions sèches et aussi aux conditions humides et au gel ; limiter, voire supprimer les jardinières (dites hors sol) qui nécessitent d'être arrosées;
  • Au niveau de l'époque de plantation : la réaliser à l'Automne pour bien favoriser l'enracinement en évitant les sols détrempés (attendre le ressuyage); lors de la réalisation des jardinières (si jardinières il y a), choisir des doubles bacs et intégrer un rétenteur d'eau
  • Au niveau de leur gestion : apporter de la matière organique qui a la propriété de retenir l'eau (viser un taux de 5 à 8%); recouvrir de paillages naturels (type BRF, par exemple); utiliser des plantes couvre-sols adaptées; ne pas systématiquement tailler; agir sur les hauteurs de tonte; suivre le plan de gestion différenciée
  • Compléter par un fleurissement de pieds de murs en choisissant des plantes qui n'ont pas besoin d'être arrosées; faire appel à la participation des habitants pour leur entretien (certains sont très intéressés).

Ces différents conseils seront repris et complétés dans un document prochainement...

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