Inondations

Les inondations, des phénomènes cycliques

Les événements de l’hiver 2013/2014 sur le bassin versant du Blavet ont rappelé à chacun (citoyens, élus) que les inondations sont des phénomènes cycliques (ce qui pourra bientôt être observé dans une exposition relative aux inondations qui est en cours de création...).

Comme pendant l’hiver 2000/2001, le territoire du bassin versant du Blavet a, durant cet hiver 2013/2014, reçu une pluviométrie très abondante. Voir l'article sur Gouarec extrait du Télégramme du 18 décembre 2000.

Ces fortes pluies ont entraîné des débordements du Blavet et de ses affluents (notamment le Doré, le Corboulo, le Stival, la Niel, l’Evel et le Tarun, etc…) qui parfois, ont engendré des dégâts dans les zones urbaines situées en bordure de cours d’eau.

Naturellement, un cours d’eau connaît des épisodes de basses eaux et de hautes eaux liées aux conditions climatiques locales. Dans notre région, ce sont les perturbations océaniques provenant de l’atlantique qui déferlent le plus souvent en hiver et qui gorgent les terres d’eau pendant plusieurs semaines pouvant engendrer des inondations.

On définit les crues en fonction du risque de survenue de celle-ci sur une période donnée : une crue dite  "décennale" correspond à un volume de précipitation exceptionnel qui atteint le cours d’eau et qui, chaque année, a 1 risque sur 10 de se produire ; il en est de même pour la crue "cinquantennale" (1 risque sur 50 chaque année), "centennale" (1 risque sur 100 chaque année). Le risque dans les zones basses sur le bassin versant du blavet sera lui toujours présent.

Quelles atténuations des inondations possibles ?

Agir au niveau des zones urbaines

Pour diminuer les inondations, il faut éviter les nouvelles constructions en zones inondables puisqu’une inondation ne pose problème que lorsque les maisons et/ou activités humaines sont présentes en bordure de cours d’eau.

Pour ce qui est des zones urbaines déjà construites et situées en zones inondables, il peut être opportun de réduire la vulnérabilité des bâtiments et de les réaménager pour les protéger d’une hauteur d’eau de submersion donnée.

Agir sur le cours d'eau

On peut également agir sur le débit (en le diminuant si possible) par la gestion des eaux pluviales et donc gérer les écoulements au plus près de l’endroit où ils se créent : dans les champs ou dans les villes.

Le niveau des eaux peut être étudié pour faire déborder préférentiellement les rivières au niveau des endroits sans enjeux. La circulation des eaux d’un cours d’eau peut, de plus, être améliorée ou remise en état lorsqu’il y a eu remblaiement ou  canalisation d’un cours d’eau. La vitesse d’un cours d’eau qui serpente ou méandre va moins vite qu’un cours d’eau rectiligne.
 

Préserver les zones d’expansion des crues

Il faut préserver les zones d’expansion des crues existantes comme les prairies naturelles prenant l’eau en hiver : maintenir un espace dédié au fonctionnement du cours d’eau permet en effet de diminuer les inondations.

Ces zones se gorgent d’eau et stockent quelques dizaines de milliers de mètres cubes d’eau de part et d’autre du Blavet et de ses affluents.

Véritables zones tampon, les champs d’expansion des crues ont l’avantage d’amortir les pics de crues : l’eau s’étale et l’écoulement se ralentit. Les zones situées en aval sont moins impactées.

 Le profil naturellement sinueux et rugueux du lit de la rivière dissipe une partie de l’énergie du cours d’eau et facilite les débordements dans les champs d’expansion des crues.

C’est autant d’eau stocké naturellement qui ne fera pas gonfler le Blavet au niveau des zones à enjeux comme par exemple Gouarec, Pontivy, Pont Augan, Saint-Nicolas-des-Eaux ou encore Inzinzac-Lochrist et Hennebont.

Une préconisation du SAGE Blavet demande d’ailleurs à ce que chaque document d’urbanisme comme les Plans Locaux d’Urbanisme soit compatible avec la cartographie des champs d’expansions des crues connus sur les affluents majeurs du Blavet : la structure porteuse du SAGE Blavet apporte son appui aux collectivités lors de l'élaboration ou de la révision de ces documents d’urbanisme, afin d’éviter d’ouvrir des zones constructibles en zone inondable et des dommages pour les personnes et les biens.

L’outil PAPI pour une gestion des inondations sur le bassin versant

Après avoir fait le constat d’une insuffisance de culture du risque inondation sur le bassin versant et de quelques difficultés à faire émerger des maîtres d’ouvrage pour mettre en œuvre des actions concertées de protection contre les inondations, la Commission Locale de L’Eau a confié le portage du dossier au Syndicat Mixte du Sage Blavet (SMSB) en 2011.

Depuis 2012, le SMSB mène une démarche partenariale avec l’Etat, les communautés de communes et les communes sur le thème de la prévention des inondations pour mettre en œuvre une trentaine d’actions.

Le Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) du Blavet, permet de travailler sur différents axes : culture du risque, connaissance des enjeux, gestion de crise, prévision des crues, alerte, maîtrise de l’urbanisation, réduction de la vulnérabilité (en réduisant de façon durable les dommages aux personnes, les conséquences dommageables sur la santé humaine, les biens, les activités économiques et l’environnement).

Les collectivités, comme les villes de Gouarec, Pontivy, Inzinzac-Lochrist et Pontivy Communauté étudient, avec l'assistance de la structure porteuse du SAGE, des solutions de protection en comparant les coûts des travaux estimés au bénéfice de telle ou telle solution envisagée (quel niveau de protection pour le riverain ? quel coût pour la collectivité ? quel impact pour l’environnement ?).

Comment aider la population ?

La prévision et l’alerte, rôle de l’Etat et des communes

L’Etat dispose d’un système de prévision des crues composé de stations mesurant les hauteurs et le débit en différents points du bassin versant du Blavet. Ces données sont consultables en temps quasi-réel sur http://www.vigicrues.gouv.fr  

Avec l’aide des collectivités, l’Etat améliore en continu les simulations des crues permettant une  meilleure prévision sur le Blavet.

A l’aide de ces prévisions fournis par l’Etat, les communes alertent leurs populations situées en zones inondables grâce au Plan Communal de Sauvegarde (PCS) qui permet de prévenir les habitants et les commerces d’une montée des eaux dans les heures et jours à venir.

La population située en zone inondable peut ainsi se préparer en protégeant ses biens comme surélever le mobilier pour un habitat, ou en mettant à l’abri le stock de fournitures ou les machines pour un commerce ou une industrie.

Un Plan de Prévention des Risques Inondation (PPRI) pour gérer l'urbanisation

Le PPRI est un outil réglementaire de prévention par une maîtrise de l’urbanisation en zone inondable. Il est élaboré par les services de l’Etat sous la responsabilité du Préfet, en étroite concertation avec les communes et les organismes concernés. Les PPRI limitent le développement de l’urbanisation sur les zones inondables, préservant ainsi les zones d’expansion des crues. Ils interdisent, de plus, l’urbanisation nouvelle sur les zones inondables non encore urbanisées et obligent, dans le cadre de réhabilitation, à rehausser le niveau de plancher par exemple. Sur le bassin versant, il existe 3 PPRI approuvés le long du Blavet.

Aménager son bien en prenant en compte l’aspect inondable de sa parcelle

Des aménagements peuvent réduire la vulnérabilité de l’habitat. Les dispositifs varient en fonction du niveau potentiel de l’eau et doivent assurer une protection cohérente des personnes et des biens.

Pour un habitat, des solutions techniques peuvent être mises en place pour :

  • Réduire les pertes matérielles et limiter les dégâts des biens ;
  • Favoriser un retour à la normale rapide ;
  • Améliorer la sécurité des personnes occupant le logement aujourd’hui et à l’avenir.

Pour un commerce ou une industrie, des solutions techniques peuvent être mises en place pour :

  • Les mesures organisationnelles d’urgence et de redémarrage ;
  • Les mesures d’adaptation permanente du fonctionnement de l’activité ;
  • Les mesures de surélévation permanente des biens matériels ;
  • Les mesures de délocalisation des biens matériels ;
  • Les mesures destinées à empêcher l’eau d’entrer dans les bâtiments.

Témoignage

En bordure de Meuse, l’entreprise est faiblement inondée en 1993 (environ 20 cm d’eau). La Direction décide de réaliser des aménagements et de s’organiser face au risque :

  • Surélévation définitive de la zone de stockage de produits finis ;

  • Stockage d’une partie des matières premières dans l’atelier le moins exposé ;

  • Organisation du démontage rapide des moteurs électriques à la montée des eaux.

En 1995, l’entreprise est touchée par une inondation plus importante (plus d’1 m). Sont constatés :

  • La sauvegarde de 100% des biens mobiles et de 80% des biens non transportables ;

  • La réduction du temps d’arrêt d’activité.

Source : Ministère de l'aménagement du territoire et de l'environnement, janvier 2000

Toutes les actualités

Exemples d'actions

Inondations_Repère_crue

Installer des repères de crues

Pour mieux connaître le niveau des eaux atteint dans le passé et garder la mémoire des crues

Lire la suite