Réduire l’arrosage des terrains de sports

... pour préserver la ressource en eau : Pourquoi ?

Etant donné les situations de tension vis-à-vis de la ressource en eau de plus en plus fréquentes au fil des années et les tendances pour les années à venir, les acteurs du bassin versant, chacun à son échelon, doivent se pencher sur leurs usages et pratiques.

Ainsi, en 2017, les Comités sécheresse du Morbihan et des Côtes d’Armor, réunis dès le début de l’année jusqu’en septembre, ont pris des arrêtés de restriction des usages ou de prélèvements d’eau, appelés « arrêtés sécheresse ». Les débits des cours d’eau étaient en effet très bas, de même que le niveau des nappes souterraines, bien inférieurs aux moyennes. Le débit du Blavet a pu être maintenu de façon suffisante pour un fonctionnement des usines d’eau potable grâce à une gestion du débit réservé de Guerlédan. Cette pression sur les milieux aquatiques va, à l’avenir, être accentuée par le changement climatique qui prévoit, en grandes tendances, une baisse de la pluviométrie, notamment au printemps et en été, baisse qui va s’accompagner d’une augmentation des journées chaudes (>25 °C), laquelle aura pour conséquence une accentuation de la sécheresse des sols. Il faut donc s’attendre à des conflits d’usages potentiellement plus fréquents dans un contexte de raréfaction de la ressource à certaines périodes de l’année.

Pourquoi diminuer l’arrosage des terrains de foot ?

Dans certaines communes, les volumes d’eau destinés à l’arrosage des terrains de foot peuvent représenter plus de la moitié de la consommation totale des bâtiments et équipements communaux. Cette eau est utilisée au printemps et en été, à une période où la demande peut être, comme en 2017, supérieure à la ressource, entrainant des tensions présentées dans le paragraphe précédent. La plupart des communes ont recours à de l’eau potable pour l’arrosage, ce qui peut être critiquable. Mais son remplacement par de l’eau puisée directement dans la nappe par le biais de forages n’est pas la solution au vu des manques d’eau récurrents. Ils peuvent en effet générer des baisses des niveaux d’eau des cours d’eau et ouvrages voisins (puits, fontaines...) surtout en période de d’étiage important (basses eaux). En 2016 et 2017, des forages situés sur le bassin versant du Blavet se sont taris obligeant les communes à basculer sur le réseau d’eau potable amoindrissant, par ailleurs, l’intérêt de tels équipements au coût relativement élevé (de 15 000 à 45 000 €).

Le défi des communes : Concilier praticabilité des terrains pendant la période pluvieuse et résistance des gazons pendant la période sèche

La principale difficulté à laquelle sont confrontées les communes réside dans le fait que les terrains de sports sont utilisés de l’automne jusqu’au printemps, pendant une période normalement pluvieuse. C’est pour cela que les terrains sont en général construits et drainés pour ne pas retenir l’eau. La conséquence de cette situation est qu’ils peuvent manquer d’eau pendant la saison estivale, d’où le réflexe de l’arrosage pour bon nombre de communes et la nécessité, pour le SMSB, de les orienter vers d’autres solutions.

Les élus et agents présents à la formation ont ainsi appris les schémas de construction d’un terrain sportif et les différents types de drainage ainsi que les moyens de les améliorer. Ils ont également appris à mieux connaître les différents systèmes et matériels d’arrosage et leur nécessaire maintenance. Ils ont vu qu’il ne faut pas négliger d’autres leviers d’actions permettant d’accroitre la résistance des gazons pendant la saison sèche comme : choisir des espèces et variétés de gazon résistants ; augmenter la hauteur de tonte de mai à fin août ; éviter de semer pendant cette période pour ne pas avoir à arroser ; réaliser les opérations d’aération et de décompactage à l’automne pour ne pas dessécher le terrain...

Certaines communes n’arrosent pas

Cléguérec et la commune déléguée d’Evellys, Moustoir Rémungol, par exemple, n’arrosent jamais leurs terrains de foot. D’autres ont fait ce choix en 2017 du fait de l’arrêté sécheresse. L’objectif de cette journée était aussi que les élus et agents confrontent leurs pratiques et points de vue et se rendent compte qu’il est possible de se passer de l’arrosage.

Des articles sont parus dans la presse suite à cette journée :

Dans le Télégramme du 20 avril 2018

Dans Ouest France du 19 avril 2018

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