Le barrage de Guerlédan

Le barrage de Guerlédan est un barrage hydroélectrique situé sur le Blavet dont la construction s'est terminée en 1930. L’ouvrage forme le plus grand lac de Bretagne : le lac de Guerlédan qui s'étend sur 304 ha. Au-delà de sa vocation première de production d’énergie, de nombreuses attentes ont émergé : protection contre les inondations, ressource en eau et développement touristique.

Le barrage de Guerlédan et la protection contre les inondations

Une position géographique qui limite l’impact du barrage sur les crues. Un impact essentiellement jusqu’à Pontivy

Le barrage de Guerlédan reçoit les eaux d’un bassin versant de 678 km2, soit un peu moins d’un tiers de la totalité du bassin versant du Blavet. L’ouvrage ne peut donc réguler l’ensemble des crues du Blavet.

La quantité d’eau lâchée à Guerlédan dépend du niveau d’eau à Pontivy, ainsi que du débit entrant dans le lac.

Le barrage de Guerlédan 45 m de haut pour une longueur de crête de 206 m. De type  barrage-poids en béton, il retient un volume de 51 millions de m3 d’eau. La gestion du débit sortant de Guerlédan se ressent essentiellement sur le linéaire du Blavet entre le barrage et Saint-Nicolas-des Eaux.
Les affluents du Blavet situés à l’aval du barrage ont donc des effets limités sur le secteur d’Inzinzac-Lochrist. Ils peuvent venir gonfler les eaux du Blavet et favoriser les crues indépendamment du barrage :

  • Sur le secteur de Pontivy (situé 18 km à l’aval du barrage) : apports du Corboulo, du Poulancre, du Lotavy, du Perchenic, du Toul Brohet, du Guernic, du Douric, du Stival, de la Niel.
  • Sur les secteurs d’Inzinzac-Lochrist et Hennebont : apports de l’Evel, du Tarun et de la Sarre.

Une optimisation de la gestion du barrage au regard des inondations

Si le barrage de Guerlédan ne peut avoir un impact sur l’ensemble des crues du bassin versant, cet immense réservoir joue un rôle significatif pour les petites crues. Comme pour tout ouvrage hydraulique, l’exploitation du barrage de Guerlédan par EDF est soumise à des obligations réglementaires qui permettent avant tout de garantir la sûreté de l’ouvrage pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Le barrage fait par ailleurs l’objet d’une surveillance approfondie et régulière, et son exploitation doit respecter des consignes précises.

Ainsi, les consignes en cas de crise sont les suivantes :

  • Ne pas laisser le barrage être submergé. C’est le maintien de l’intégrité de l’ouvrage qui est en jeu.
  • Laisser passer les crues.  La présence du barrage ne doit pas occasionner un surdébit à l’aval. En cas de crue (80 m3/s), le débit entrant en amont de la retenue de Guerlédan doit être égal au débit sortant du barrage (hors utilisation du creux).
  • Prévenir : rôle du « creux » durant la saison pluvieuse. Du 1er décembre au 28 février, un creux de 2,50 m par rapport à la côte normale, et représentant 6 millions de m3, est mis en place dans le lac de retenue avec pour objectifs 1) de réduire (ou écrêter) les effets des crues du Blavet en stockant l’eau dans la retenue, et 2) de contribuer à augmenter le délai pour l’alerte de la population et la mise en œuvre des moyens de secours.

Le creux, réalisé en période hivernale, permet de recueillir l’excédent d’eau et de limiter le débit d’eau en sortie de barrage.

Sans le creux, le barrage ne peut plus réguler le débit sortant à Guerlédan et il est alors égal au débit entrant. Des inondations à l’aval peuvent alors avoir lieu.

Un rôle de réduction ou de temporisation des petites ou moyennes crues...

Lors de la crue de décembre 2000, les consignes d’exploitation du barrage permettent de passer d’un débit de pointe de 185 m3/s à 140 m3/s. Grâce au barrage, le débit observé au Porzo a été réduit d’autant.

Mais ce barrage montre ses limites lors de phénomènes de grande ampleur notamment du fait de sa position sur le bassin versant.
Par exemple, lors de la crue de janvier 1995, le débit atteint 477m3/s. Quellenec à Languidic est inondé : les eaux de 90% du bassin versant s’y rejoignent.

Le barrage de Guerlédan vis-à-vis de la gestion de l’étiage et du partage de la ressource en eau

Le barrage de Guerlédan occupe une place essentielle dans la gestion de l’eau sur le bassin versant du Blavet. Son rôle pour le soutien d’étiage est primordial ; il permet de respecter d’une part le débit minimum biologique évalué à 1,5 m3/s, et d’autre part, les différents usages à l’aval, notamment l’approvisionnement en eau potable des populations situées à l'aval.
Ainsi, le débit d’étiage de référence sortant à Guerlédan est de 2,5 m3/s.
Cependant, EDF, concessionnaire du barrage, peut appliquer une modulation du débit réservé en aval du barrage selon les consignes de la disposition 4.2.1. du PAGD du SAGE Blavet. Ceci pour favoriser autant que possible le maintien d’un niveau d’eau suffisant dans la retenue de Guerlédan permettant le déroulement des activités touristiques sur la période estivale. Ainsi, :

  • Le débit réservé (ou sortant) peut passer de 2,5 m3/s à 2 m3/s en vue de permettre, autant que possible, les niveaux de hauteur d’eau suivants dans la retenue :
  1. au 1er mai : creux maximum de 1,5 m, correspondant à la cote touristique minimum ;
  2. du 1er au 15 juillet : maintien d’un creux de 0,5 m, correspondant à la cote touristique optimale ;
  3. L’atteinte de ces objectifs est parallèlement conditionnée par le débit aval de référence à la station amont d’Hennebont fixé à 3,4 m3/s.

A partir du 16 juillet, le débit réservé doit être de nouveau de 2,5 m3/s.

Avec le débit réservé de 2,5 m3/s

En période d'étiage, la réserve d’eau du lac compense le manque d’eau à l'aval. Mais cela entraine une baisse du niveau du lac, ce qui peut mettre en péril les activités touristiques sur le lac, impossibles en deçà d’un certain niveau d’eau.

Sans le débit réservé de 2,5 m3/s

Sans le débit réservé, le barrage ne donnerait pas plus d’eau qu’il n’en reçoit. Le manque d’eau se ferait sentir en aval.

A noter que fin 2016, début 2017, du fait d'un déficit de pluie, le niveau d’eau de la retenue de Guerlédan était très bas, comme le montrent la photo et le graphique ci-dessous. Cette situation a obligé le comité sécheresse, sous l'égide du Préfet du Morbihan, à réduire le débit sortant à 1,5 m3/s. Lire l'actualité...

 

Dans un objectif de solidarité aval-amont, et afin de permettre un partage plus équitable de la ressource en eau entre, d’une part le tourisme sur la retenue, et d’autre part, les demandes en eau potable ou industrielle et les besoins du milieu naturel en aval de la retenue, la disposition 4.2.5 du PAGD du SAGE demande qu’une gestion plus affinée du barrage de Guerlédan soit mise en œuvre au cours des prochaines années, après l’acquisition de connaissances supplémentaires, notamment pour ce qui concerne les populations piscicoles.

Le barrage de Guerlédan et le développement touristique

Le barrage de Guerlédan joue également un rôle majeur pour l’économie des communes des Côtes d’Armor autour du lac : il représente le pôle d’attractivité touristique majeur du territoire. Le Département souhaite ainsi en faire le 1er site touristique en centre Bretagne.

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