Réduire la dépendance à l'eau dans les espaces verts

Le Syndicat Mixte du SAGE Blavet (SMSB) a co organisé avec le CNFPT une formation qui s’inscrit dans le cadre de la disposition du SAGE Blavet relative à la mise en œuvre, par les collectivités du bassin versant, d’une politique d’économie d’eau au niveau de leurs équipements et bâtiments publics : 16 agents travaillant pour le compte de 12 communes ont participé  à cette journée qui avait un double objectif : renforcer la sensibilisation à la nécessité de préserver la ressource en eau et réduire plus particulièrement la consommation d’eau destinée à l’arrosage des massifs et jardinières.

Une situation hydrologique qui induit des tensions sur la ressource en eau

Chaque année, près de 35 millions de m3 d’eau sont prélevés sur le bassin versant du Blavet dont environ 80% dans le fleuve Blavet lui-même, le reste provenant de captages souterrains. Ces dernières années, les situations de tension vis-à-vis de la ressource en eau ont tendance à s’amplifier et montrent que cette ressource n’est pas inépuisable : des arrêtés préfectoraux de restriction des usages ou de prélèvements d’eau, appelés « arrêtés sécheresse », ont été pris en 2017 ; des déficits pluviométriques ont été observés cet été 2018. Au niveau national, au 25 septembre 2018, 60 départements étaient concernés par un arrêté limitant certains usages de l’eau et 5 dont les Côtes d’Armor étaient en vigilance. Cet été 2019, le département des Côtes d’Armor a été épargné contrairement à un très grand nombre de départements français dont certains subissent encore aujourd’hui une très grande sécheresse : cela doit nous inciter à agir dès maintenant chez nous.

La vigilance doit être de mise pour les années à venir du fait du changement climatique qui va exercer une pression de plus en plus grande sur les milieux aquatiques. En effet, en grandes tendances, on va assister (on assiste déjà) à une baisse de la pluviométrie, notamment au printemps et en été, qui va s’accompagner d’une augmentation des journées chaudes (> 25 °C). Cette baisse aura notamment pour conséquence une accentuation de la sécheresse des sols et une diminution des débits des cours d’eau dont le Blavet. Il faut donc s’attendre à des conflits d’usages potentiellement plus fréquents dans les années à venir dans un contexte de raréfaction de la ressource à certaines périodes de l’année. On peut très bien imaginer que des arrêtés sécheresse interdisant complètement l’arrosage des espaces verts des communes soient pris.

Anticiper pour réduire les besoins d’arrosage et éviter les tensions sur la ressource en eau

Contre toute attente, l’eau peut manquer en Bretagne. Des situations de tension risquent ainsi de devenir de plus en plus fréquentes au printemps et en été, dans le bassin versant du Blavet comme dans d’autres bassins en Bretagne et en France. Elles doivent donc inciter l’ensemble des acteurs et de la population à anticiper et adopter un comportement économe, voire un changement d’habitudes. Les collectivités se doivent de montrer l’exemple en examinant dans le détail leurs usages et les niveaux de consommations d’eau pour identifier les potentiels d’économie.

Au printemps et en été, en plus de la consommation d’eau interne des bâtiments publics, les collectivités ont recours à l’arrosage de leurs terrains de football et de leurs massifs et jardinières.  

L’arrosage des terrains de football peut constituer, dans certaines communes, le poste le plus consommateur d’eau. Des techniques agronomiques mises en œuvre sur plusieurs années peuvent aboutir à une limitation des besoins en eau du gazon sans qu’il soit nécessaire de recourir à un arrosage intégré ou à la réalisation d’un forage. Après étude et analyse d’un groupe de communes du Morbihan, le syndicat Mixte du SAGE Blavet trouve plus que nécessaire de lier entretien des terrains dans le cadre du o phyto et arrosage. Les deux ne peuvent en effet être dissociés. Mais avant les techniques, l’exigence et la méconnaissance de certains responsables de clubs et de joueurs constituent une difficulté à laquelle sont confrontés élus et agents. Et pour réussir sur les deux plans (o phyto et économie d’eau), ces derniers doivent être sur la même longueur d’onde, autrement dit suivre le même cap. Ce n’est qu’ensuite, que la clé de la communication et de la pédagogie peut être actionnée envers les responsables des clubs et les joueurs.

Des solutions à la disposition des communes pour réduire la dépendance à l'eau pour les massifs et jardinières

Pour ce qui concerne les massifs et jardinières, objet de la formation, les pratiques d’arrosage sont très diversifiées et les niveaux de consommation peu souvent identifiés en l’absence de compteurs dédiés. Ceci dit, des potentiels d’économie existe : ce 5 septembre 2019, 16 agents de 12 communes situées sur le bassin versant du Blavet costarmoricain ont échangé sur la base de leurs pratiques et bénéficier de conseils de Frédéric LACHIVER, formateur au CPSA de Combourg, visant à les orienter vers des solutions permettant de réduire, voire supprimer, les besoins d’arroser :

  • Au niveau de la conception des espaces verts : pour éviter les erreurs, les élus et architectes doivent associer les agents qui seront ensuite en charge de l'entretien dès la conception du projet; inscrire la gestion durable (0 phyto et économie d'eau) dans le cahier des charges ; réaliser un plan de gestion différenciée (carte des espaces verts comportant des codes de 1 à 4 suivant l'exigence voulue) et imposer ce plan aux architectes; choisir des végétaux peu, voire pas, gourmands en eau, résistants aux conditions sèches et aussi aux conditions humides et au gel ; limiter, voire supprimer les jardinières (dites hors sol) qui nécessitent d'être arrosées;
  • Au niveau de l'époque de plantation : la réaliser à l'Automne pour bien favoriser l'enracinement en évitant les sols détrempés (attendre le ressuyage); lors de la réalisation des jardinières (si jardinières il y a), choisir des doubles bacs et intégrer un rétenteur d'eau
  • Au niveau de leur gestion : apporter de la matière organique qui a la propriété de retenir l'eau (viser un taux de 5 à 8%); recouvrir de paillages naturels (type BRF, par exemple); utiliser des plantes couvre-sols adaptées; ne pas systématiquement tailler; agir sur les hauteurs de tonte; suivre le plan de gestion différenciée
  • Compléter par un fleurissement de pieds de murs en choisissant des plantes qui n'ont pas besoin d'être arrosées; faire appel à la participation des habitants pour leur entretien (certains sont très intéressés).

Montrer l'exemple à la population

Les communes qui se préoccupent d’économiser l’eau et qui le font savoir seront des exemples à suivre par les habitants chez qui un potentiel d’économie existe aussi...

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