Le phosphore

Pourquoi le phosphore pose problème ?

Un excès de phosphore dans les eaux et les milieux aquatiques peut entraîner une eutrophisation des eaux (développement d'algues ou de phytoplanctons qui peuvent être toxiques), dans les plans d’eau notamment.

D’où vient-il ?

L’état des lieux précédant le SAGE 2007 indiquait qu’environ 75% du phosphore dans les cours d’eau du Blavet provenait d’une pollution diffuse liée à l’agriculture et à l’assainissement non collectif et 25% de pollutions ponctuelles liées à l’assainissement collectif.

Quelle est la situation sur le bassin versant du Blavet ?

Compte tenu de leur eutrophisation, le plan d’eau de Kerné Uhel et le lac de Guerlédan font partie des 14 plans d’eau du bassin Loire Bretagne à l’amont desquels le SDAGE demande la fertilisation équilibrée en phosphore (dispositions 3B-1 et 3B-2). Le Blavet Costarmoricain est donc presque totalement concerné par cette disposition.

Par ailleurs, en 2006, le bassin versant du Blavet a été classé en zone sensible au titre de la Directive Eau Résiduaire Urbaine (DERU) (problématique eutrophisation) ce qui a nécessité la mise à niveau des stations d’épuration recevant un flux épuratoire de plus de 10 000 EH. La mise en conformité a porté sur le traitement poussé de l’azote et du phosphore et s’est déroulée sur 2007 et 2008.

Enfin, une étude menée en 2011 a fait ressortir 3 sous-bassins plus fortement contributeurs au flux de phosphore arrivant dans le Blavet : le Poulancre dans les Côtes d’Armor, l’Evel et le Tarun dans le Morbihan.

Ainsi, sur la base de l’ensemble de ces données, la CLE a désigné le Blavet costarmoricain ainsi que les sous-bassins du  Poulancre, de l’Evel et le Tarun  comme prioritaires. Ils devront faire l’objet d’une mobilisation plus importante et d’actions plus ambitieuses dans le cadre des contrats territoriaux de bassin versant.

Quel objectif sur le bassin versant pour 2021 ?

L'objectif à l'exutoire du bassin versant du Blavet et de celui de chacun des sous-bassins le composant est le suivant : Quantile 90* ou Q90 ≤ 0,2 mg/l de phosphore total.

Cet objectif correspond à l’objectif de bon état fixé par la DCE.

*Le quantile 90 ou Q90 correspond à la valeur non dépassée par 90 % des résultats. Autrement dit, si le Q90 est égal à X, alors 90% des résultats de l’échantillonnage sont inférieurs à ce X. Le Q90 permet de mieux refléter les pics saisonniers tout en excluant les valeurs extrêmes.

La situation aujourd'hui

Les valeurs des quantiles 90 enregistrées à l'exutoire du bassin versant et à celui de chacune des masses d'eau prioritaires sont les suivantes. Le rouge indique que les teneurs sont supérieures à la valeur maximale de 0,2 mg/l, objectif fixé par le CLE du SAGE. En vert, inférieures.

Situation Q90 en mg/l / objectif 2021 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Entrée Kerné Uhel 0,09 0,08 0,1 0,1 0,07 0,11 0,1 0,1 0,12
Etang du Loc'h 0,06 0,06 0,09 0,08 0,07 0,09 0,07 0,06 0,11
Moulin de la Salle 0,07 0,06 0,11 0,09 0,08 0,08 0,07 0,2 0,14
Blavet de Kerné Uhel au canal -* 0,19 0,22 0,2 0,09 0,17 0,11 0,14 0,14
Sulon 0,12 0,14 0,14 0,13 0,1 0,14 0,15 0,16 0,16
Petit Doré 0,23 0,15 0,12 0,13 0,08 0,1 0,11 0,36 0,12
Daoulas 0,09 0,08 0,16 0,19 0,1 0,06 0,05 0,06 0,12
Forges 0,05 0,05 0,07 0,05 0,04 - - - -
Blavet amont Guerlédan 0,07 0,09 0,12 0,09 0,09 0,09 0,08 0,39 0,13
Poulancre 0,55 0,27 0,21 0,17 0,18 0,24 0,2 0,42 0,2
Tarun 0,14 0,24 0,23 0,19 0,14 0,21 0,17 0,3 0,19
Evel 0,13 0,14 0,17 0,15 0,12 0,15 0,12 0,26 0,14
Exutoire Blavet 0,07 0,07 0,09 0,07 0,24 0,08 0,06 0,07 0,07

* "-" : pas de donnée

Après une augmentation des teneurs en phosphore en 2017 pour 6 stations sur 12 qui en a « fait passer 5 dans le rouge », 2018 voit l’ensemble des 12 stations passer « dans le vert » : les teneurs en Phosphore total sont inférieures ou égales à la valeur maximum fixée de 0,2 mg/l.

Ceci ne doit cependant pas masquer des hausses importantes sur l’étang du Loc’h et le Daoulas où les valeurs ont doublé par rapport à 2017.

A l’exutoire du bassin versant, le Q90 est à un niveau stable depuis 2015.

Comme pour les nitrates, il convient d’être prudent dans l’interprétation de ces chiffres et évolutions. Ceux-ci doivent notamment  être corrélés avec les épisodes pluviométriques (érosion, ruissellement) et au stockage de phosphore dans les sols.

Quoiqu’il en soit, il est plus que jamais indispensable que les acteurs du bassin versant se mobilisent pour diminuer les apports en phosphore et continuer à mettre en œuvre les actions décrites dans l'objectif 2.2 du PAGD...